J’ai retrouvé cette semaine un papier de l’Ecole des Mines de Paris qui me semble prendre un écho tout particulier en regard des récents billets de Jean-Luc et de Jean-Pierre. Effectivement, sur les modes de fonctionnement propres à l’économie de la connaissance, secteur à haute valeur ajoutée s’il en est et de surcroît véritable moteur de la croissance, les questionnements ne manquent pas. Intitulé « la création, de l’alchimie au management », cet article de Thomas Paris, attire l’attention sur un point de compréhension essentiel : les épreuves de création ne peuvent s’opérer que dans un contexte permettant le couplage adéquat entre l’individu et l’organisation.

 En effet, la création, entendue comme la production de savoirs nouveaux ou de produits innovants, ne constitue en rien un phénomène réductible au seul génie de l’individu. Tout aussi extraordinaire qu’il soit, le talent individuel n’épuise pas les raisons de l’émergence d’innovations réussies. Loin d’opposer les logiques de création à celle de l’organisation, l’auteur insiste sur le fait que le management de la créativité consiste bel est bien à faire de la seconde une condition (et non une cause) de la première. En outre, le résultat de ses recherches empiriques souligne l’importance du rôle de l’environnement organisationnel et institutionnel dans la réalisation d’une activité créative et par effet miroir, la vacuité d’une opposition entre l’organisation rigide et routinisante, versus la liberté d’un créateur « seul maître à bord ».

« Manager les talents, ce n’est pas simplement prendre soin de divas capricieuses, mais aussi répondre à des problématiques singulières. Un talent peut être défini par deux caractéristiques : il dispose d’une compétence particulière, qui n’est évaluable que dans la pratique et dans la durée ; il exerce une activité au résultat incertain. Dès lors, il s’agit de repérer ces talents, de gérer leurs échecs, de les fidéliser, notamment lorsqu’ils s’avèrent particulièrement doués. »

Par conséquent, le génie n’est rien s’il ne s’exprime pas dans un contexte organisationnel où il peut y trouver les ressources pour fonctionner, s’épanouir et contribuer aux projets nécessairement collectifs. Je laisse en guise de conclusion le clinquant de la formule de l’auteur pour résumer la pertinence de son propos: « Ce n’est pas faire de l’alchimie que d’admettre que la création se gère, si l’on comprend le mot « gérer » comme favoriser plutôt que piloter, rendre possible plutôt que contrôler… »

Bonne lecture à tous et à la semaine prochaine.

http://www.leblogidrh.com/wp-content/uploads/2012/03/La-Gazette-de-la-société-et-des-techniques-Mars-2011.pdf

 

Envoyer

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*

Vous pouvez utiliser ces balises et attributs HTML : <a href="" title=""> <abbr title=""> <acronym title=""> <b> <blockquote cite=""> <cite> <code> <del datetime=""> <em> <i> <q cite=""> <strike> <strong>