Dans la tonalité particulièrement morose qui marque les écrits ambiants des commentateurs d’actualité, je ne résiste pas à l’appel d’un certain cynisme pour rendre hommage au troisième du nom tant évoqué ces derniers jours. Autant vous dire que de ce fait, il n’a pas été aisé de trouver un article qui ne soit pas sinistre.

Allez, foin de sarcasmes, place aux artistes :

Un certain Stiglitz, prix Nobel d’économie, excusez du peu, vous annonce en quelques lignes dans les Echos que le suicide de l’Europe, la disparition de sa monnaie et le réveil des peuples sont imminents. Il compare les cures d’austérité à la pratique de la saignée datant du moyen-âge. En clair, nous serons tous sortis d’affaire, morts certes, mais en bonne santé ! Son mot d’ordre ? Repenser l’architecture financière mondiale autour de deux principes « régulation » et « transparence ». Sa conclusion quant à elle se limite à un petit rappel historique de bon ton au sujet de la fin de l’étalon or après la crise de 1929, « ce sont les premiers pays à l’avoir quitté qui s’en sont sorti le mieux ». Bon…

Martin Wolf (je ferai court tellement c’est enthousiasmant) dans sa chronique économique du Monde du mardi, vous explique en deux temps trois mouvements que ce n’est pas la peine de compter sur la Chine et l’Inde pour soutenir la croissance du Vieux Continent. « Une autre question importante est de savoir si la croissance soutenue des pays émergents pourrait sortir les pays à haut revenu de leur léthargie actuelle. La réponse est non. L’essentiel de la croissance des pays développés continuera à provenir de leur demande intérieure. » Je passe sur les risques systémiques évoqués (choc pétrolier, faillites bancaires, etc.) pour éviter de soutenir la demande d’antidépresseurs. Bref…

Du coup, je vous propose un article qui pourra, au lieu de nous annoncer les dix plaies d’Egypte, nous agiter les méninges à la fois sur les sujets « organisation » et « proximité ». Et qui, pour ne rien gâcher, devrait en faire sourire plus d’un parmi vous pour peu qu’il ait un certain sens de l’ironie. Rien que le titre : « Comment Google manage ses salariés sur Excel »… Oui, oui, les mêmes qui vantent les bienfaits de pratiques libertaires et dissonantes, la « cool attitude » et la « googliness » comme principes d’action, s’avèrent en réalité de froids calculateurs dans certains aspects de leur mode de management. Des directives non négociables venues de Londres, des responsables sans marges de manœuvre, et 5% des salariés les moins performants éliminés tous les trois mois ! Ah les vertus du funky management… quand ça ne s’apparente pas à certaines formes de sectarisme, on s’approche du darwinisme institutionnalisé. Certains parviennent à mener les deux de front, en cela c’est une sacrée performance !

Bonne lecture et bonne semaine à tous.

http://www.latribune.fr/technos-medias/internet/20120116trib000678207/comment-google-manage-ses-salaries-sur-excel.html

 

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